Speedskaters
by Andy Shaw
Thank goodness there are jigsaw puzzles, peanut butter, TV tennis, repartee, and Big Macs. Without them, and other diversions, life on the long road the Canadian Speedskating team travels each year might be unbearably grim.
I caught a glimpse of its nomadic existence recently at the slowly fading Hotel Europe in Davos, Switzerland. It was the night before a major meet. The team, all 12 of them, were unlayering themselves from their four-to-a-room quarters and trooping in for dinner.
“Boucher’s unbeatable” someone said as they filed through the hotel games room. Gaétan Boucher was hunched in concentration over the TV tennis screen. In short order, Boucher polished off yet another opponent and followed his teammates to the dining room.
There he assumed his other off-track roles — translator and team jester.
“Hey, Gator, what’s the first thing on the menu mean?” called a speedskater stymied by the French and German words.
“Fish” Boucher shot back.
This belied, somewhat, the cool pink-and-white delicacy of the trout appetizer.
Now it was Boucher’s turn.
“Hey Sylvia, what have you done to your hair?” Sylvia Burka, world champion and team holler girl was stuck, for once, with only a straight answer.
“I curled it in instead of out.”
Pat Durnin, a 4th place finisher in the 1977 Ladies World Sprint, sprang to Burka’s defense. She was unaware of Boucher’s carefully laid trap. “Gaétan, you are not supposed to say things like that to a girl!” she remonstrated.
Boucher turned on his diminutive teammate and grinned. “And what have you done to your hair?”
When not orchestrating gentle insults or whipping the field in electronic raquetry Boucher retires to his room to assemble 1,500-piece jigsaw puzzles. “He buys them everywhere we go” commented Kathy Vogt, an Olympic veteran at 19.
By now an exquisite creme of aspargus soup was upon us. But Kathy’s mind was on hamburgers. “We were all desperate for them when we landed in Munich. There was a sign outside the airport saying there were 13 MacDonald’s restaurants in the city. But they are hard to find. We made the bus driver go all over town. He had a nervous twitch to begin with and by the time we found one he was a wreck.” The driver declined an invitation to join the team assault on the shakes, fries and 1/4-pounders. It was, however, merely a delaying action.
“They never get enough to eat,” observed national speedskating team coach Paul Enock. “The food is good but skaters are bottomless pits. We give them a box lunch to take to training but it is still not enough.”
Peanut butter, a rare substance in Europe which can cost up to $3, recently filled the voids. “We bought six big jars of it at an American army base and ate it all at once”, said Durnin. “But I think we all overdid it a little.” The speedskaters contemplate no further orders of Carter’s spread this season.
A grind of five hours training a day for a five-month season interrupted only by competitions and travel might dull the sharpest of minds. But intellectual curiosity flourishes on the national speedskating team.
Several take correspondence courses and they all read. Author Leon Uris is the current team favorite. “I’ll let you have Exodus after I finish and then you give me Trinity”. These were the terms of a typical trade struck mid-way through the spicy main course, shiskebab.
“Have you seen Star Wars yet?” Enock asked me as we downed the last of the only two beers ordered by our group. “It’s on across the street and it’s in English. Some of the kids are going to see it again.’’ Enock who gets weekly doses of Buck Rogers and Flash Gordon at his science fiction club in Vancouver had long since taken in the latest space swashbuckler.
Occasionally, though, even books and movies are not enough. “Yeah, this train, eat and sleep routine gets a bit too much”, Burka remarked. “I try to take the whole team out for a night on the town every Wednesday for my ‘Norwegian training program’. It is something I would never do at home but here it is necessary.”
Spumoni ice cream bathed in hot chocolate sauce completed the meal. We then retired to our rooms where on the back of each entrance door, hung a four-language notice. In English it read “Please deposit your values at the desk.” Boucher, clearly, ignored this instruction the next day. He won both his races setting new Canadian and track records in the 1000 metres with this season’s fastest time in the world.
Les tribulations quotidiennes d’une équipe nationale
par Andy Shaw
Que’ ferions-nous sans les casse-têtes, le beurre d’arachides, le tennis sur écran, les tirailleries et les Big Macs!!! Sans ces distractions, l’équipe canadienne de patinage de vitesse s’ennuierait à mourir pendant ses longues semaines en déplacement.
J’ai pu me rendre compte des tribulations nomadiques de l’équipe tout dernièrement, en Suisse. C’était à un petit hôtel légèrement désuet, l’Hotel Europe, à Davos. La veille d’une compétition importante.
Les douze membres de l’équipe s’extriquaient un par un de leurs chambres à quatre, en route pour le repas du soir.
Quelqu’un affirma: “Boucher est imbattable!” en traversant la salle de jeux à la queue leu leu. Gaétan Boucher était absorbé par un match de tennis sur l’écran de T.V. Vite fait, Boucher élimina un adversaire de plus et suivit ses camarades à la salle à dîner, où il assuma son rôle habituel d’interprète et de boute-en-train.”
“Eh, Gator, c’est quoi, le premier plat au menu?”, demanda un patineur, perdu entre le français et l’allemand.
“Du poisson”, réplique Boucher.
Très peu flatteur pour la délicate entrée de truite.
Au tour de Boucher.
“Sylvia, qu’est-il arrivé à tes cheveux?”
Sylvia Burka, championne mondiale et assumant plus souvent qu’autrement le rôle de porte-parole de l’équipe, riposte du tac au tac:
“J’ai mis les bigoudis dans l’autre sens.”
Pat Durnin, quatrième au Championnat Mondial Féminin de Sprint, se précipite à la défense de Sylvia, inconsciente du piège tendu par Boucher: “Gaétan, on ne dit pas cela à une fille”, reproche-t-elle.
Avec un large sourire, Gaétan Boucher se tourne vers sa minuscule coéquipière: “Ettoi, qu’as-tu fait à tes cheveux?”.
Quand il ne taquine pas ses camarades ou ne massacre pas l’opposition aux jeux électroniques, Gaétan Boucher s’attaque à des casse-têtes de 1500 morceaux. “Il en achète partout où on va”, affirme Kathy Vogt, 19 ans et déjà vétéran olympique.
On nous servit une délicieuse crème d’asperges.
Mais Kathy est obsédée par les hamburgers. “En arrivant à Munich, nous avions une envie folle de hamburgers. Un panneau-réclame à la sortie de l’aéroport annonçait 13 MacDonalds en ville. Il s’agissait de les trouver … et le chauffeur d’autobus a dû parcourir la ville en long, en large et en travers. Le pauvre avait un tic nerveux au départ, mais quand nous avons finalement repéré un MacDonald, il était complètement détraqué.”
Le chauffeur refusa une invitation de se joindre au groupe pour le raid des frites et des 1U de livre. Mais le répit ne devait pas durer longtemps.
“Ils ont toujours faim,” observe l’entraîneur national Paul Enock. “La nourriture est très convenable et les portions généreuses, mais les patineurs ont toujours l’estomac dans les talons. On leur donne des sandwiches pour apporter à l’entraînement, mais ça ne leur suffit pas.”
“Nous les avons réchappés au beurre d’arachides, qui est très difficile à trouver en Europe, et peut coûter jusqu’à $3.00 le pot. Nous en avions acheté six gros pots à une base américaine, et il a disparu en deux temps, trois mouvements, dit Durnin. Nous avons peut-être un peu exagéré.” Le quota saisonnier de beurre d’arachides a été atteint.
Il n’est pas facile de survivre à l’esclavage de cinq heures d’entraînement par jour, d’une saison de cinq mois, interrompue par des compétitions et de longs voyages. Mais l’équipe garde l’esprit alerte, par des cours par correspondance et surtout par la lecture. L’auteur favori cette saison est Leon Uris.
“Je te passerai Exodus quand je l’aurai fini, mais tu me prêtes Trinité.” Et ainsi vont les négociations devant un appétissant plat de brochettes.
“Avez-vous vu Star Wars?”, me demande Enock, avec une dernière gorgée de bière. “Il joue au cinéma d’en face, en anglais. Quelques-uns retournent le voir ce soir.” Enock, membre d’un club de Science-Fiction à Vancouver, est un spécialiste des publications de Buck Rogers et Flash Gordon, et il y a longtemps que la super-production n’a plus de secrets pour lui.
Parfois, même la littérature et le cinéma ne suffisent pas. Sylvia Burka avoue: “Parfois, nous en avons plein les dos de la routine entraînement-repas-dodo. J’essaie de réunir toute l’équipe pour une sortie en ville tous les mercredis soirs, et c’est une distraction nécessaire.”
Le repas se termine pas une glace spumoni recouverte d’une sauce au chocolat fumante.
Les adversaires auraient tort de se fier à l’attitude quelque peu nonchalante de nos athlètes canadiens.
Le lendemain, Boucher gagnait les deux courses où il était inscrit, établissant de nouveaux records au 1000m., et enregistrant le temps le plus rapide au monde cette saison.
